Immobilier

Location saisonnière : dois-tu payer la CFE et la taxe d’habitation ?

Location saisonnière : dois-tu payer la CFE et la taxe d’habitation ?

Ce que vous devez savoir sur la fiscalité de la location saisonnière

  • La CFE (cotisation foncière des entreprises) peut être due dès la première location meublée, même occasionnelle
  • Le formulaire 1447-C-SD doit être transmis avant le 31 décembre de l’année de création de l’activité
  • La base minimum de CFE varie de quelques centaines d’euros à plus de 2 000 euros selon la commune
  • La taxe d’habitation sur les résidences secondaires reste due, même supprimée pour les résidences principales
  • CFE et taxe d’habitation peuvent être cumulées la même année sur un même bien loué en meublé de tourisme

Un couple loue son appartement à la montagne trois semaines par an sur une plateforme connue. Résultat : un courrier de la mairie réclamant une déclaration qu’ils ignoraient totalement. C’est le scénario classique de la location saisonnière cfe et taxe d habitation, deux obligations fiscales que beaucoup de loueurs découvrent trop tard.

Autant le dire tout de suite : dès que tu loues un bien meublé de tourisme, même quelques semaines, tu peux être redevable de la cotisation foncière des entreprises (CFE). La taxe d’habitation, elle, a été supprimée pour les résidences principales, mais elle reste bien vivante pour les résidences secondaires et certains meublés de tourisme. Deux impôts différents, deux logiques différentes, et une confusion permanente chez les propriétaires.

Pourquoi la location saisonnière déclenche la CFE ?

Maquette maison bois avec clés contrat immobilier

La CFE fait partie de la contribution économique territoriale, au même titre que la CVAE pour les plus grosses structures. Dès que tu exerces une activité de location meublée à titre habituel, même en tant que particulier, l’administration fiscale te considère comme exerçant une activité professionnelle non salariée.

A LIRE :   Faut-il faire construire ou acheter en 2026 ?

Il y a fort à parier que tu ne te sois jamais vu comme un chef d’entreprise en louant ton studio à Annecy l’été. Pourtant, aux yeux du fisc, louer un meublé de tourisme relève du régime des loueurs en meublé non professionnels (LMNP) ou professionnels (LMP), et ces deux statuts sont assujettis à la CFE. D’ailleurs, si tu hésites encore sur la structure à adopter pour ton bien, le choix du statut juridique pour ton investissement locatif conditionne directement ton régime fiscal et tes obligations déclaratives.

Selon les chiffres publiés par l’administration fiscale sur impots.gouv.fr, la CFE est due par toute personne exerçant à titre habituel une activité professionnelle non salariée, y compris la location meublée occasionnelle dès lors qu’elle est répétée dans le temps.

Qui est exonéré de CFE ?

Bonne nouvelle : tout le monde ne paie pas. Il existe des cas d’exonération, notamment pour les loueurs qui mettent en location une partie de leur résidence principale, sous certaines conditions de loyer plafonné.

  • Location d’une ou plusieurs pièces de la résidence principale, à un prix raisonnable fixé chaque année par décret
  • Certaines communes rurales qui exonèrent volontairement les meublés de tourisme classés
  • Les loueurs dont le chiffre d’affaires annuel reste sous un seuil très bas peuvent parfois bénéficier d’une exonération de plein droit

Mais attention, ces exonérations ne sont jamais automatiques dans tous les cas ! Il faut souvent en faire la demande explicite auprès du service des impôts des entreprises, avec un formulaire dédié. Beaucoup de propriétaires zappent cette étape et paient pour rien.

Comment déclarer son activité pour éviter les mauvaises surprises ?

Cette exonération se demande formellement, ce qui m’amène à la déclaration elle-même. Dès ta première année d’activité de location meublée, tu dois remplir le formulaire 1447-C-SD et le transmettre au service des impôts avant le 31 décembre de l’année de création.

A LIRE :   DPE immeuble ancien : quels travaux pour louer sans risque ?

C’est souvent là que les loueurs saisonniers se plantent. Ils pensent qu’une location de quelques semaines par an ne compte pas comme une activité « réelle ». Faux ! Dès lors que tu perçois des revenus locatifs meublés de manière récurrente, même sur une courte période, l’administration considère que tu exerces une activité imposable.

D’après les données de la Direction générale des Finances publiques, le montant de la CFE varie fortement selon la commune : la base minimum peut aller de quelques centaines d’euros à plus de 2 000 euros selon le chiffre d’affaires et la localisation du bien.

Le cas particulier des plateformes comme Airbnb ou Abritel

Que tu passes par Airbnb, Abritel ou Booking.com, ça ne change strictement rien à ton obligation fiscale. Ces plateformes transmettent d’ailleurs automatiquement tes revenus locatifs à l’administration fiscale depuis plusieurs années, dans le cadre de la lutte contre la fraude. Impossible donc de passer sous les radars, même en toute bonne foi.

Taxe d’habitation sur les meublés de tourisme : où en est-on vraiment ?

Passons maintenant à la taxe d’habitation, qui sème encore plus la confusion. La suppression progressive de cette taxe ne concerne que les résidences principales. Pour un logement loué en saisonnier, considéré comme résidence secondaire aux yeux du fisc, la taxe d’habitation reste due chaque année.

C’est un point qui m’énerve profondément chez pas mal de propriétaires : ils pensent que louer leur bien quelques semaines suffit à leur éviter cette taxe. C’est l’inverse ! Un logement meublé destiné à la location saisonnière, non affecté en résidence principale au 1er janvier, reste taxable au titre de la taxe d’habitation sur les résidences secondaires.

A LIRE :   Quel statut juridique choisir pour ton investissement locatif ?
Situation du bien Taxe d’habitation CFE
Résidence principale louée occasionnellement (chambre) Non due (supprimée) Exonération possible sur demande
Résidence secondaire louée en saisonnier plusieurs semaines par an Due chaque année Due, sauf exonération locale spécifique
Meublé de tourisme classé, activité régulière (LMNP/LMP) Due (bien non affecté en résidence principale) Due, calcul selon chiffre d’affaires

Peut-on cumuler CFE et taxe d’habitation sur le même bien ?

Oui, et c’est justement ce qui provoque le plus de grincements de dents. Un propriétaire qui loue son bien en meublé de tourisme classé peut recevoir les deux avis d’imposition la même année : la CFE au titre de son activité professionnelle, et la taxe d’habitation au titre de la résidence secondaire non affectée. Deux taxes, deux courriers, et parfois deux mauvaises surprises simultanées.

Pancarte location maison devant propriété gazon

Quelles démarches concrètes pour rester en règle ?

Puisque le cumul des deux taxes est réel, voici comment t’organiser sans y laisser des plumes. La première chose à faire, c’est de déclarer ton activité de loueur en meublé auprès du greffe du tribunal de commerce ou via le guichet unique de l’INPI, qui a remplacé les anciens CFE (centres de formalités des entreprises, à ne pas confondre avec la cotisation foncière du même nom, source de confusion permanente !).

  • Déclare ton activité de LMNP ou LMP dès le premier mois de location
  • Vérifie chaque année si ta commune propose une exonération de CFE pour les meublés classés
  • Conserve tous tes justificatifs de revenus locatifs, la plateforme peut être contrôlée en parallèle de toi
  • Anticipe le paiement de la CFE, généralement exigible en décembre

Un dernier conseil, et non des moindres : fais un point chaque année avec un expert-comptable ou au minimum avec le simulateur officiel disponible sur impots.gouv.fr. La fiscalité de la location saisonnière évolue régulièrement, et ce qui était vrai l’an dernier ne l’est pas forcément aujourd’hui !

Retiens l’essentiel : déclare ton activité dès le début, vérifie ton éligibilité aux exonérations locales de CFE, et ne pense jamais que la location saisonnière t’exempte de la taxe d’habitation sur ta résidence secondaire. Prends cinq minutes pour vérifier ta situation avant que le fisc ne le fasse à ta place.

Hugo Vasseur
§ Signé par

Hugo Vasseur

Chef d'atelier & conseiller matériel rénovation

Douze ans sur les chantiers, des centaines de retours clients, et un faible pour les outils qui durent. Je partage ici ce qui marche vraiment, sur le papier comme sur le terrain.